05 juin 2008
Seule sur le bord du chemin...
Elle devrait pourtant en avoir l'habitude mais c'est un état de fait qu'Elle gère de moins en moins bien. Pour vivre Elle a besoin des autres. Pour vivre Elle a besoin de ne pas être seule. Bien sur il y a sa famille. Celle d'où Elle vient, réduite à sa plus simple expression. Puis celle qu'Elle a créée. Cette cellule soit disant familiale qui éclate de toutes parts. Dans laquelle il existe un lien, certes un lien fort, mais qui avec le temps devient de plus en plus élastique.
Ces enfants sont grands. Ils commencent leur vie d'hommes. Ils ont besoin d'Elle encore mais d'une autre façon. Ils ne s'embarrassent pas de détails qui pour Elle sont importants. Ils ont cette faculté qu'à la jeunesse de foncer droit devant. Ils y croient encore.
Certes Elle a son mari. Mais lui aussi vit sa vie d'homme et elle ne correspond plus en partie à ce qu'Elle avait cru vivre à ses côtés. Tout n'est pas mauvais mais tout n'est pas bon non plus. Leurs chemins se sont tout doucement éloignés l'un de l'autre. De temps en temps un pont est jeté entre les deux rives. De temps en temps des moments d'accord presque parfait existent encore. Mais la plupart du temps, le constat est amer, ils vivent chacun sur leur propre planète.
Une force d'inertie incroyable provenant de son Homme, lui a longtemps sapé le moral. Elle appellait cela "la douche froide". D'un côté plein de bonnes et sincères intentions qui ne vont pas plus loin que l'instant des paroles qui les prononcent. Non pas par volonté pure et simple. Plutôt par inconstance, par néglicence.
Est ce là le fait de nombreuses années communes qui ont érodé les contours de leur personnalité? Elle n'en sait rien. Elle voudrait croire toujours et encore en ces nombreuses promesses non tenues. Elle sait pourtant qu'il ne le fait pas exprés. Elle sait pourtant qu'il ne les tiendra pas ou peu. Mais Elle ne peut pas s'empêcher de vouloir y croire. De moins en moins cependant. Elle ne va plus ainsi au devant de désillusions qui lui brisaient le coeur. Elle n'attend plus rien ou pas grand chose. La surprise sera plus grande si les promesses se réalisent un jour. Mais avec des "si" des promesses on peut en faire !!!
Décidemment nous n'avons pas la même vie. Nous ne vivons pas sur la même terre.
D'être seule sur le bord du chemin, c'est par moment le sentiment qu'Elle ressent !!!
Ce texte a été écrit suite à une conversation téléphonique avec une amie dont le mari, actuellement en convalescence, avait des "sautes d'humeurs" qui parfois la laissait sur le bord du chemin, proche de la solitude et de l'incompréhension... Ses mots ressemblaient tellement aux miens que je me suis sentie d'un seul coup d'un seul beaucoup moins seule sur le bord du chemin !!!
01 juin 2008
Elle et Moi - Elle est Moi - Et l'Emoi...
Avant de commencer je voudrai remercier Coumarine qui par son texte "Femme Complète" m'a permis de réécrire, de remanier, d'arranger ce texte caché dans mes papiers, oublié (enfin presque) mais jamais publié... Aujourd'hui j'ose montrer mes faiblesses.
Elle et Moi :
Nous sommes deux et pourtant, je ne suis qu'une. Un peu comme un Gémeaux, un Poisson, je suis double. Longtemps Moi a été caché par Elle. Elle avait pris le pas, l'habitude d'être devant et Moi toujours derrière. Elle se taisait. Elle acceptait. Elle était enfermée dans un carcan que son éducation de "jeune fille comme il faut" lui interdisait de briser. Elle avançait tranquillement sans se poser trop de question...
Et pourtant Moi j'étais là, tapie au plus profond d'Elle et par moment j'envoyais des coups de pieds rageurs dans la montagne d'habitudes, dans la montagne de gestes quotidiens, dans la montagne de non-dits... mais il paraissait évident qu'à ce moment là, Elle n'était pas prête à les entendre, à les écouter, à les accepter.
Elle est Moi :
Nous avons vécu comme ça pendant des années. Moi laissant passer Elle et Elle n'osant pas faire grand chose. Timide, maladivement timide. Toujours à se cacher derrière quelqu'un. Toujours à s'excuser de déranger quelqu'un. Toujours à courir après quelqu'un. Toujours à attendre quelqu'un.
Parfois Moi je me révoltais, j'essayais de lui faire comprendre qu'Elle avait quelque chose à dire, qu'Elle avait quelque chose à exprimer mais Elle ne voulait rien savoir. Et pourtant Elle c'est Moi et Moi c'est Elle.
Comme il était facile pour Elle d'être comme ça. Sans remous, sans heurts, sans cris. Parce qu'Elle a peur du bruit, des cris, des heurts... Elle jouait toujours le jeu au mépris de Moi. Elle adouciçait toujours les angles à mon corps défendant. Elle était toujours au milieu à prendre les "mauvais coups" pour protéger les autres, entre l'enclume et le marteau, Elle était là.
Et Moi, je bouillais. Et Moi, je trouvais l'habit trop étroit, trop petit, trop terne... et Moi, je voulais sortir. Et Moi Ego Je.... voilà ce que Moi entendait quand Moi voulait sa place à Elle et dire "Je..." suis, veux, demande.
Et l'Emoi :
Il a fallu à Moi des années de souffrance intérieure pour qu'Elle accepte de comprendre que nous avions Elle et Moi quelque chose à faire ensemble, la main dans la main, côte à côte. Et l'Emoi de pouvoir enfin sortir de sa coquille. Moi est passé devant, par moment un peu trop... mais Elle et Moi sommes en apprentissage. Par moment il y a des ratées. Par moment il y a des coups de gueule entre Elle et Moi, mais Moi prend le dessus le plus souvent et Elle et Moi nous nous réconcilions. Nous trouvons notre voie pas à pas.
"Bonjour, c'est Moi qui vous parle...".
Plus jamais et Moi l'a juré à Elle, plus jamais, Nous ne passerons derrière quelqu'un. Plus jamais nous ne nous identifirons par rapport à quelqu'un. Nous, Elle et Moi, sommes une personne à part entière (même si nous sommes double) et notre première grande victoire a été de nous accepter telle que nous sommes et d'oser le montrer à la face du monde.
27 mai 2008
Mère ou Maman...
Elle a toujours fait la différence entre les mots "mère" et "maman". Elle a comme tout le monde eu une mère mais a-t-elle eu une maman. Parfois, souvent même Elle a des doutes.
Une mère, c'est facile. Il suffit de porter un enfant dans son sein. De le mettre au monde. Et on devient mère.
Une maman, c'est plus difficile. Une maman, elle est là, tout le temps. Le jour. La nuit. Elle parle. Elle caresse. Elle soigne. Elle console. Elle caline. Elle aime tout simplement.
Elle, en regardant derrière Elle, s'aperçoit que tous ces verbes n'ont aucune résonnance dans son coeur. Elle s'aperçoit que tous ces verbes sont vides de sens dans sa vie. Elle sait qu'elle a couru "derrière sa maman" toute sa vie. Elle sait aujourd'hui qu'elle avait une mère qui n'était pas une maman.
10:30, un dimanche de juillet. La chaleur envahissait déjà la ville. Le téléphone sonne. C'est fini. Monique a fini sa vie sur ce lit de ce que l'on peut appeler maison de repos. Elle a envie de dire "mouroir". Plus personne, plus aucun établissement ne savait que faire d'elle... pendant 3 semaines, d'ambulance en chambre, de clinique en maison, elle s'est "promenée".
Elle et son frère sont sur le bord du chemin. Seuls. Définitivement seuls. Les larmes bien sur. La douleur évidente d'avoir perdu quelqu'un d'irremplaçable. Mais aussi le soulagement de ne plus avoir à chercher comment l'atteindre, comment lui parler, comment l'approcher.
Trois semaines fortes, trois semaines qui compte pour Elle plus que les cinquantes dernières années. Trois semaines ou en peu de mots, avec quelques regards, quelques gestes tout a été dit. Le seul "je t'aime" qu'Elle a reçu de celle qui était devenue sa maman, Elle l'a reçu dans ces jours là.
Dernière réconciliation après deux ans sans un mot, sans un geste, sans un regard. Dernière réconciliation avant le départ... mais pas dernier coup de canif dans le contrat tacite passé entre une maman et son enfant. Non, le dernier Elle ne l'a découvert que quelques jours plus tard. Avec horreur pour ce qu'il représentait, avec effroi de ce qu'il comportait comme négation....
Sa maman, au delà de son départ programmé, voulu, souhaité, l'avait renié. Son testament ne lui reconnaissait même pas le droit d'exister... Sa mère n'avait qu'un fils, son légataire universel.
Aujourd'hui Elle sait qu'elle avait une mère et non une maman !!!
21 mai 2008
L'en - vie ... et l'envie !!!
L’envie …
Parfois au lever du jour, Elle se sent prête à abattre le monde comme disait sa grand-mère. Elle se sent débordante de vitalité, d’envie, de besoin de faire, de créer, de fabriquer.
Longtemps, ce fut pour Elle comme une obligation. Elle avait été bien conditionnée dans son rôle de fille. Dans le midi, on ne rigole pas avec l’éducation des demoiselles. La cuisine, la couture, la maison, les enfants. Elle a échappé à la musique. Elle se demande parfois pourquoi et comment. Mais aujourd’hui tout cela n’a plus aucune importance.
Elle a découvert l’envie. Et cette envie lui a donné la force de se réconcilier avec son passé. Elle n’agit aujourd’hui qu’à grand renfort de coups de cœur. Rien d’autre ne dirige sa vie. Rien ni personne d’ailleurs. Pendant cinquante longues années, Elle n’a jamais été maitresse de son destin, de sa vie. Toujours l’éternel sacrifice sur l’autel du « Qu’en dira-t-on ».
Une sorte d’anarchisme s’est soudain emparé d’Elle. Elle est comme dans un tourbillon ou enfin elle laisse son envie, ses envies éclater. Plus d’un en fut surpris. Et Elle parie que plus d’un le sera encore.
Personne ne la reconnait. Personne ne se doutait que sous le vernis bien polissé que sa mère et ses grands-mères lui avaient de force donné, il y avait une personne avec autre chose dans le cœur que de l’abnégation de soi. Il y avait quelqu’un qui existait.
Quand Elle regarde en arrière, aujourd’hui, Elle voit une femme toute recroquevillée sur elle. Elle voit une femme qui n’a jamais osé ne dire un mot plus haut que l’autre, qui s’éteignait tout doucement, lentement mais surement.
Quand Elle regrde en arrière aujourd'hui. Elle voit aussi une petite fille pleine de vie et d’envie qui riait aux éclats, qui dansait la farandole, qui courait partout. Elle voit une petite fille à qui l’on a coupé les ailes trop tôt. Elle voit une petite fille qui ne s’est jamais réellement envolée. Qui a muri trop vite. Trop tôt.
Et puis tout doucement, comme si ce sentiment était en gestation en elle, mais caché loin, très loin au fond de sa vie, elle a découvert l'en - vie. Un drôle de mot qu'Elle a fabriqué. L' En - Vie, être en vie, et depuis par instant autant que par instinct Elle sourit. Elle rit. Elle parle un peu plus fort. Elle dit ce qu'Elle a à dire. Comme ça. Simplement par envie pour être en vie.
17 avril 2008
Mes hommes sont des romans....
Peu importe leur âge. Peu importe leur situation. Peu importe qui ils sont. Mes hommes sont des romans. Elle a toujours eu plus d'affinités avec les hommes qu'avec les femmes. Elle a eu pendant longtemps plus d'amis masculins que de relations amicales féminines.
Elle, son amour des hommes a commencé avec son papa. Dès le départ, elle a été marqué par le sceau de l'amour paternel. Il faut dire que maternellement parlant, la tendresse, les câlins, les échanges... Elle n'en a pas bénéficié beaucoup... ça ne se faisait pas. On ne démontrait pas son affection (si affection il y avait).
Donc le premier homme de sa vie, son papa. Dans la foulée, les grands pères pointent le bout de leur nez. Le grand père paternel, parti très tôt, était un homme tout en réserve. Tout en douceur. Jamais un mot plus haut que l'autre.
Le grand père maternel était fier d'Elle. Elle l'avait rendu grand père il n'avait pas 50 ans. Il la promenait partout. Au parc. Au zoo. En ville. Il l'aimait sans jamais le lui dire. Elle l'aimait sans jamais le lui dire. Mais il y avait entre eux aucun besoin de mots.
Puis, arriva dans sa vie, le petit frère. Peu de différence. Peu d'écart entre eux. Tellement peu qu'on les a longtemps pris pour des jumeaux.... leur mère faisant tout pour accentuer la chose, allant jusqu'à les vêtir des mêmes couleurs, des mêmes tissus, des mêmes chaussures... une en fille, l'autre en garçon. Longtemps Elle a été traumatisé par ça... surtout les chaussures. Jamais celles qu'Elle aimait. Jamais celles qu'Elle aurait voulu.
Avec Petit Frère, l'union était sacrée. Forte. Indestructible. L'amour, là encore jamais dit, mais existant, tangible, vrai.
A la suite de Petit Frère, Elle connut quelques aventures. Toutes sans conséquence, sauf peut être celle qui fut la première, celle qui lui ouvrit les portes des Femmes.... une drôle d'histoire. Pleine d'humour. Pleine d'amour. Mais impossible. La Mère en avait décidé autrement.
Un jour dans sa vie, Il est arrivé. Depuis, par monts et par vaux. Depuis, dans les tempêtes et dans les eaux calmes. Depuis, avec leurs qualités et leurs défauts.... Il est toujours là. Sont venus se rajouter deux autres hommes dans sa vie. Deux petits bouts d'Elle et de Lui. Des hommes aujourd'hui.
Elle aime tous ses hommes. Elle les aime tous différemment. Elle les aime pour ce qu'ils sont. Elle les aime pour ce qu'ils lui donnent.
Elle les aime tous, ses hommes.
23 mars 2008
Le sac à billes
Un bout de chiffon façon grosse toile de matelas. La grand mère qui avait sorti sa machine à coudre Singer. Machine à pédale, en fer forgé avec un gros coffre en bois qu'on posait par dessus pour tenir la machine à l'abri de la poussière. La grand mère avait fait trois coutures et passait un cordon...Un cordon rouge pour fermer le tout. Et voilà le sac à billes était confectionné.
Il ne restait plus maintenant qu'à le remplir de billes. Des rouges. Des vertes. Des agates. Des gallos. Des mammouths. Des oeils de verre. Tout autant de petites boules en verre qu'ils collectionnaient précieusement.
Ils c'était Elle (l'ainée) et Lui (le cadet). Inséparables. Tout juste 20 mois de différence. Autant dire presque des jumeaux. On en voyait un. On voyait l'autre. Inséparables. Et là, pour jouer aux billes, il ne fallait leur en promettre.
Ils avaient fait aménager par le grand père un coin de la terrasse de la petite maison aux volets rouges. Un coin mi ombre, mi soleil. Dans ce coin, un "circuit à billes". Un peu de ciment, quelques petits cailloux, des montagnes et du sable. Quoi de mieux pour jouer pendant des heures.
Les jeux de billes traditionnels s'étaient au fil du temps améliorés. Elle et Lui avaient rajouté des petites voitures qui avançaient en fonction du tir des billes. Elle et lui avaient augmenté la difficulté en posant sur le parcours une planche posée en son milieu sur un bouchon et qui faisait office de balançoire à billes.
Des après midi entières Elle et Lui jouaient aux billes. Et toujours, les billes regagnaient le soir venu leur sac en toile à matelas.
Pour Elle comme pour Lui, longtemps, à la vue d'une literie rayée grise et blanche, le souvenir des jeux d'enfant sont remontés à leur mémoire. Si lointaine et pourtant de plus en plus présente.
06 mars 2008
"Elle, fragile"
« Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine », voilà ce qu’on disait d’Elle quand elle se déplaçait. Encombrée qu’elle était par sa corpulence, sa surcharge pondérale, son embonpoint. Elle pourtant aimait les objets fins, les faïences Moustiers, les sulfures de Biot, les cristaux de Daum ou bien aussi les verreries de Murano.
Elle s’interdisait pourtant ce plaisir de flâner dans les boutiques de vaisselle, dans les brocantes ou chez les antiquaires.
Elle avait toujours été enrobée, un peu plus large que ne le voulaient les canons de son époque. Elle aurait été une beauté au temps d’un Rubens. On l’aurait aimé, adulé qui sait. Elle aurait été reconnue.
Aujourd’hui, on le regarde, on la montre du doigt, on parle dans son dos. Elle en pleure parfois, elle en a souffert beaucoup mais c’était il y a longtemps.
- Vous avez vu, Elle a mis une robe rouge. Elle n’a peur de rien
- Si vous saviez. Je l’ai aperçu l’autre jour à la piscine en maillot de bain… moi à sa place je resterai chez moi
Elle savait tout cela. Mais Elle aimait se baigner. Elle aimait ne plus sentir son corps, son poids, ses douleurs. En nageant tout disparaissait. Elle se sentait légère, aérienne, bien.
Mais Elle passait son temps à broder de fines fleurs sur des mouchoirs en batiste. Mais Elle adorait plus que tout au monde dessiner des oiseaux sur de la pure soie.
Personne ne connaissait son secret. Personne ne savait rien de son jardin secret.
Elle était "grosse", malhabile quand elle se déplaçait, encombrée par son corps mais Elle était artiste. Et comme tout artiste, Elle avait le coeur et l'âme à fleur de peau.
Elle était fragile !!!
Chez Madame... il y a des mots
Madame aime les mots Madame aime les écrire. Madame aime les lire. Madame aime jouer avec eux. C'est presque une passion que celle de Madame.
Une passion qui est née alors que Madame était encore à l'école. La rencontre avec un professeur de Français, Latin, Grec (eh oui à l'époque de Madame...), quelques cours particuliers parce Madame à cette époque traversait une période familiale difficile et lâchait un peu la bride de l'école.
De cette rencontre Madame en garde encore un souvenir très ému. Pensionnaire chez les Soeurs, le soir à l'étude Madame écrivait. Madame avait même écrit une petite histoire sur un carnet qu'elle avait illustré. Mais le carnet a disparu au fil des déménagements. Madame écrivait aussi des poèmes. Madame en a même fait éditer quelques uns.
Bref vous l'aurez compris Madame aime l'écriture, les mots.
A l'occasion Madame vous donnera un de ses textes.











