Chez Madame

Avoir 50 ans au XXI° siècle, ce n'est pas parce qu'on est femme, qu'on a 50 ans, que l'on n'a plus la taille mannequin que l'on n'a rien à dire. Coups de coeur et coups de gueule, des passions, des envies, des besoins.

27 mai 2008

Mère ou Maman...

testament

Elle a toujours fait la différence entre les mots "mère" et "maman". Elle a comme tout le monde eu une mère mais a-t-elle eu une maman. Parfois, souvent même Elle a des doutes.

Une mère, c'est facile. Il suffit de porter un enfant dans son sein. De le mettre au monde. Et on devient mère.

Une maman, c'est plus difficile. Une maman, elle est là, tout le temps. Le jour. La nuit. Elle parle. Elle caresse. Elle soigne. Elle console. Elle caline. Elle aime tout simplement.

Elle, en regardant derrière Elle, s'aperçoit que tous ces verbes n'ont aucune résonnance dans son coeur. Elle s'aperçoit que tous ces verbes sont vides de sens dans sa vie. Elle sait qu'elle a couru "derrière sa maman" toute sa vie. Elle sait aujourd'hui qu'elle avait une mère qui n'était pas une maman.

10:30, un dimanche de juillet. La chaleur envahissait déjà la ville. Le téléphone sonne. C'est fini. Monique a fini sa vie sur ce lit de ce que l'on peut appeler maison de repos. Elle a envie de dire "mouroir". Plus personne, plus aucun établissement ne savait que faire d'elle... pendant 3 semaines, d'ambulance en chambre, de clinique en maison, elle s'est "promenée".

Elle et son frère sont sur le bord du chemin. Seuls. Définitivement seuls. Les larmes bien sur. La douleur évidente d'avoir perdu quelqu'un d'irremplaçable. Mais aussi le soulagement de ne plus avoir à chercher comment l'atteindre, comment lui parler, comment l'approcher.

Trois semaines fortes, trois semaines qui compte pour Elle plus que les cinquantes dernières années. Trois semaines ou en peu de mots, avec quelques regards, quelques gestes tout a été dit. Le seul "je t'aime" qu'Elle a reçu de celle qui était devenue sa maman, Elle l'a reçu dans ces jours là.

Dernière réconciliation après deux ans sans un mot, sans un geste, sans un regard. Dernière réconciliation avant le départ... mais pas dernier coup de canif dans le contrat tacite passé entre une maman et son enfant. Non, le dernier Elle ne l'a découvert que quelques jours plus tard. Avec horreur pour ce qu'il représentait, avec effroi de ce qu'il comportait comme négation....

Sa maman, au delà de son départ programmé, voulu, souhaité, l'avait renié. Son testament ne lui reconnaissait même pas le droit d'exister... Sa mère n'avait qu'un fils, son légataire universel.

Aujourd'hui Elle sait qu'elle avait une mère et non une maman !!!

Posté par Madame à 07:46 - Des mots en écriture - Qu'avez vous à me dire ?[10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 mai 2008

Chez Madame il y a ... les cartes postales

voyages

Madame a toujours voulu une chose, une chose qui, à ce jour, ne s'est jamais réellement réalisée. Madame a toujours voulu voyager. Peu importe la destination. Voyager pour le plaisir de partir et pour le plaisir de revenir. Non, ça ne s'est jamais trouver, ça ne s'est jamais fait.

Enfant bien sur à l'occasion de vacances d'été (dont Madame reparlera surement bientôt) elle a, avec frère et cousins, rouler un peu sa bosse dans l'automobile de ses grands parents maternels. Un petit bout d'Espagne, Un petit bout de Suisse.... plus tard avec celui qui allait devenir son mari, un petit morceau de la Normandie, un petit morceau de l'Italie, un gros morceau des Landes... et puis la Corse en voyage de noces...

Ah le joli mot que celui de voyage... Il ouvre à Madame des horizons lointains, des paysages inconnus, des visages différents. Il apporte à Madame une part de rêve mais aussi une part de souffrance. Comme des petits coups de canifs, comme des petites griffures qui ne s'effacent pas, qui sont à vif chaque fois qu'elle entend ce mot "voyage"....

Souvent autour de Madame, les gens s'en vont, les gens s'en viennent. Et Madame reste là, enviant ce départ tout autant que leur retour. Alors Madame, à chaque départ annoncé, demande qu'on lui envoit une carte postale ou qu'on lui ramène une carte postale.

Elle voyage ainsi par procuration....

Il  y a toujours eu une raison (peu importe si elle fut bonne ou mauvaise) au fait que Madame ne soit jamais partie. Une fois, pas l'argent à dépenser en "futilités". Une fois, un "non" strict et ferme d'une mère intransigeante. Une fois, la famille qu'il faut aller visiter; ils sont vieux tu comprends...

Et Madame qui comprend son désir de partir?
Et Madame qui comprend son envie de valise?
Et Madame qui comprend son besoin d'évasion?

Madame se pose la question. Mais Madame sait qu'un jour, elle prendra un avion, un bateau, une voiture, un train,... Madame prendre n'importe quoi et Madame fermera sa valise !!!

Posté par Madame à 19:32 - Je papote, je papote... - Qu'avez vous à me dire ?[9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2008

L'en - vie ... et l'envie !!!

envie

L’envie …

Parfois au lever du jour, Elle se sent prête à abattre le monde comme disait sa grand-mère. Elle se sent débordante de vitalité, d’envie, de besoin de faire, de créer, de fabriquer.

Longtemps, ce fut pour Elle comme une obligation. Elle avait été bien conditionnée dans son rôle de fille. Dans le midi, on ne rigole pas avec l’éducation des demoiselles. La cuisine, la couture, la maison, les enfants. Elle a échappé à la musique. Elle se demande parfois pourquoi et comment. Mais aujourd’hui tout cela n’a plus aucune importance.

Elle a découvert l’envie. Et cette envie lui a donné la force de se réconcilier avec son passé. Elle n’agit aujourd’hui qu’à grand renfort de coups de cœur. Rien d’autre ne dirige sa vie. Rien ni personne d’ailleurs. Pendant cinquante longues années, Elle n’a jamais  été maitresse de son destin, de sa vie. Toujours l’éternel sacrifice sur l’autel du « Qu’en dira-t-on ».

Une sorte d’anarchisme s’est soudain emparé d’Elle. Elle est comme dans un tourbillon ou enfin elle laisse son envie, ses envies éclater. Plus d’un en fut surpris. Et Elle parie que plus d’un le sera encore.

Personne ne la reconnait. Personne ne se doutait que sous le vernis bien polissé que sa mère et ses grands-mères lui avaient de force donné, il y  avait une personne avec autre chose dans le cœur que de l’abnégation de soi. Il y avait quelqu’un qui existait.

Quand Elle regarde en arrière, aujourd’hui,  Elle voit une femme toute recroquevillée sur elle. Elle voit une femme qui n’a jamais osé ne dire un mot plus haut que l’autre, qui s’éteignait tout doucement, lentement mais surement.

Quand Elle regrde en arrière aujourd'hui. Elle voit aussi une petite fille pleine de vie et d’envie qui riait aux éclats, qui dansait la farandole, qui courait partout. Elle voit une petite fille à qui l’on a coupé les ailes trop tôt. Elle voit une petite fille qui ne s’est jamais réellement envolée. Qui a muri trop vite. Trop tôt.

Et puis tout doucement, comme si ce sentiment était en gestation en elle, mais caché loin, très loin au fond de sa vie, elle a découvert l'en - vie. Un drôle de mot qu'Elle a fabriqué. L' En - Vie, être en vie, et depuis par instant autant que par instinct Elle sourit. Elle rit. Elle parle un peu plus fort. Elle dit ce qu'Elle a à dire. Comme ça. Simplement par envie pour être en vie.

Posté par Madame à 21:00 - Des mots en écriture - Qu'avez vous à me dire ?[9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2008

Chez Madame il y a.... l'écriture

ecriture

Madame ne saurait pas se passer d'un papier et d'un crayon. Et a fortiori maintenant de son ordinateur. Madame a plein de mots qui dansent dans sa tête. Plein d'idées qui tournent dans son esprit. Madame aime jouer avec ces mots. Madame aime les mots.

Un des grands plaisirs de Madame est d'ouvrir un dictionnaire, au hasard, comme ça. Peu importe le dictionnaire, gros ou petit de toutes les façons il y en a toujours un à portée de la main de Madame. Du Littré en version intégrale au dictionnaire de poche. Celui des rimes écrites ou orales. Celui des citations. Ou bien encore des  synonymes.

Madame a toujours dans son sac un carnet et plusieurs crayons, stylos ou feutres. On ne sait jamais des fois que Madame est une pensée (bien grand mot) ou une envie de noter quelque chose. Cette envie lui vient n'importe où, n'importe quand, n'importe comment. Même dans la table de nuit de Madame, il y a un cahier à spirales et des crayons. Il faut dire que la nuit, Madame ne dormant pas bien, souvent elle se réveille. Et là, tout se met en route dans sa tête. Et si par hasard quelque chose d'important se présente à la pensée de Madame, il lui faut l'écrire de suite. Sinon Adieu sommeil. Finie la nuit.... Alors Madame écrit deux ou trois mots. L'idée est posée sur le papier. Tout va bien. Madame peut essayer de se rendormir.

Parfois, souvent même on demande à Madame comment elle fait pour écrire tous ces (ses) mots? Madame ne sait quoi répondre. Les mots sont en elles comme d'autres ont des notes de musique. Les mots font partie d'elle depuis toujours. Peut être a-t-il toujours été plus facile à Madame d'écrire que de parler. Surtout dans son enfance. Les enfants ne parlaient pas ou peu...  ils écoutaient. Ils apprenaient. Ils se taisaient. Alors Madame s'est longtemps tue. Au risque de se perdre par manque de mots.

Maintenant Madame écrit. Tout et n'importe quoi. Mais elle écrit. Et ainsi Madame se sent mieux. Madame se sent bien. Madame vit grâce à ses mots. L'important pour Madame n'est pas tant d'être lue, longtemps même elle a eu peur du regard des autres sur ses mots, elle les cachait, ne les montrait pas, l'important pour Madame c'est de les écrire noir sur blanc tous ses mots. Madame ne connait pas l'angoisse de la feuille blanche.

Alors Madame écrit, écrit, encore et toujours... Madame a écrit, Madame écrit et Madame écrira... C'est un peu son credo !!!

Posté par Madame à 08:55 - Moi, Ego, Je... - Qu'avez vous à me dire ?[7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Chez Madame il y a ... la schtroumpfette

schtroumpfette

D'aucun pourrait voir sous ce titre une sorte de régression. De retour en enfance. Que nenni ! la schtroumpfette c'est la voiture de Madame. Une petite voiture bleue, qui a maintenant une bonne dizaine d'année, quelques 114.000 kms à son actif et une grosse bosse sur le côté.

Récente la bosse. Mais ça c'est une autre histoire. Une rencontre "amoureuse" entre un énorme 4x4 et elle. Elle, la schtroumpfette ne s'en est pas encore remise. Elle attend tristement que des mains habiles lui redonne son apparence de jeune fille... un peu comme quand Madame s'en va chez l'esthéticienne pour se faire faire une beauté.... Le seul défaut dans l'histoire c'est que tout comme la schtroumpfette Madame va rarement chez l'esthéticienne. Non pas par souci d'économie mais tout simplement par manque d'intérêt, par manque d'envie, et puis voilà c'est comme ça Madame n'a pas dans son budget une enveloppe "esthéticienne".

Donc, et pour rester dans la ligne d'écriture de cet article, la schtroumpfette de Madame est toujours cabossée. Mais même pas grave, elle continue à promener Madame partout où elle veut et elles vont bien ensemble. Elles sont faites l'une pour l'autre.

Madame pense de temps en temps à se séparer de la Schtroumpfette. Pour cause de mal de dos, d'espace, de puissance moteur. Madame en voudrait une un tout petit peu plus "grosse" mais voilà Madame ne trouve pas d'équivalent à la schtroumpfette. Donc le couple Madame - Schtroumpfette continue de silloner les routes et chemins de Provence au volant l'une de l'autre.

Il faut dire que depuis le temps qu'elles fonctionnent toutes les deux ensemble, elles se connaissent par coeur. Une seule fois, la schtroumpfette a fait défaut à Madame. C'était sur l'autoroute dite de l'est à Marseille, en direction d'Aubagne. Elles n'avaient pas fait 10 kms toutes les deux, que voilà-t-y pas que la schtroumpfette décide de ne plus rien donner à Madame. Mais rien de rien. Plus un bruit. Plus une lumière. Plus une accélaration. Madame était en train de doubler gentiment une jolie petite copine de schtroumpfette, donc se trouvait sur la file du milieu, quand l'incident est arrivé. Imaginez un peu, Madame a eu le temps (elle ne sait pas encore comment, sans feux de détresse, ni clignotant, ni surtout possibilité d'accèler) sur sa lancée de se rabattre et de s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence.

Après une attente d'une demi environ (mais que c'est long une demi heure sur une bande d'arrêt d'urgence d'autoroute) une jolie camionette rouge et jaune est venue chercher Madame et la Schtroumpfette pour emmener cette dernière chez le docteur des voitures.

Ce jour-là Madame a eu très très peur. C'était il n'y a pas si longtemps, c'était au mois de novembre dernier.

Posté par Madame à 06:25 - Je papote, je papote... - Qu'avez vous à me dire ?[3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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